•   PAULINE PERPLEXE

     

    Pauline Perplexe est le nom d'une ancienne maison familiale située à Arcueil, gérée par des artistes et reconvertie en un lieu indépendant de production artistique et d’exposition depuis 2015.

     

    La dynamique de ce lieu et sa construction au quotidien, se nourrissent des tropismes de chacun. L'espace est réparti sur deux niveaux en ateliers et salles d'expositions et se combine sans cesse différemment, selon les exigences et la singularité  de chaque projet. La programmation prend des formes multiples: concerts, lectures, expositions, projections et autres initiatives. En invitant des artistes d'horizons variés à se saisir de cet espace comme d’une plateforme, Pauline Perplexe veut favoriser l'essaimage d'une scène naissante et construire les meilleures conditions possibles d’expérimentation et d’émergence de nouvelles formes.

     

    Le contexte géographique du pavillon occasionne un type d'échanges basé sur des relations de proximité et de coopération. Les liens tissés avec les entreprises du secteur de l’artisanat et les établissements scolaires  créent un terrain propice à engendrer de nouvelles perspectives chez les artistes.

     

    Ce projet a été rendu possible grâce à l'association Plateau Urbain et au soutien de la mairie d’Arcueil.

     

    http://www.plateau-urbain.com/

    http://www.arcueil.fr/

     

    Horaires d'ouvertures, sur rendez-vous.

  • PLAN / CONTACT

     

    90 Avenue de la convention

    94110 ARCUEIL

    RER B. Station Laplace

     

    paulineperplexe@gmail.com

    tel: 06.67.28.86.97

    ou: 06.61.70.37.22

     

    RER B - STATION : LAPLACE

    Chatelet-les-halles / Laplace: 13min

  •   LES RÉSIDENTS

SOFTY IS AS SOFT AS A PILLOW - ANNE BOURSE & JEAN-ALAIN CORRE

SOFTY IS AS SOFT AS A PILLOW Anne Bourse et Jean-Alain Corre Du 17 au 31 Mai 2018 Organisé par Sarah Holveck
Ils sont nombreux autour du souper aux grands couverts. Sur la table d’amarante marquetée d’ébène et d’ivoire massif, ils mangent bien. Le président semble inquiet, le business siffle. Softy, lui, se marre. Il se cache le visage derrière son poing. Gêné, il se marre. Il observe de très près ceux qui ont l’air inspirés. Il les observe, les imite puis se frotte l’oreille avec le poignet et lèche son pouce. Quand il ne comprend pas, il ne sourit pas, et sourit trop quand on le regarde. Il se déplace avec les talons levés, ne marche pas vraiment mais court. Il porte la perruque argentée de Marie Antoinette, la mâchoire tendue vers l’avant. Après le repas, il est le premier à se ruer sur les coussins au sol et se balance, les mains sur la tête. Il s’allonge sur le dos, imagine qu’il se roule dans la paille, entouré de cochons d’Indes. C’est très doux, il est hilare. Brusquement il s’immobilise pour n’écouter que les sons qui glissent vite et les répète. Il écoute surtout ceux qui parlent en anglais parce que ça fuite plus. Les phrases involontaires qu’il intercepte et répète en boucle se noient dans le bruissement léger de la paille sèche. Enfin il sursaute, avance en rampant, serré contre le sol. Il se déplace, ne fait aucun bruit quand il se déplace, il retient son souffle. À le voir bouger ainsi on pourrait croire que c’est lui qui a lissé les sculptures et étranglé les poissons. Par moment il tapote et caresse les mollets des gens qui s’énervent, tapote et caresse. On lui a donné un peu de terre sèche pour qu’il s’occupe. Il la garde contre lui et avance doucement vers la fontaine, il pousse des petits cris aigus d’excitation. Une fois près de l’eau il crie plus encore et trempe la terre avec une délicatesse poussive, pose la terre dans l’eau et la retire vite en criant. Après ça il s’installe à côté et travaille inlassablement à rendre la terre plus coquillage et moins cailloux. Parce qu’il a de la terre sur le bout des doigts et sous les ongles, et qu’il l’humidifie avec le bout de sa langue, il repense à Johnny qui lui a montré comment lécher l’or. Quand il a fini, il s’asseoit, les jambes pliées de part et d’autre du traversin. Il se berce en ne regardant que le scintillement bleuté de l’écran et d’un geste brusque, écarte les personnes qui tiennent à le laver. Il fait penser aux divinités espiègles d’Afrique qui bousculent ou énervent pour éviter la permanence. Une telle divinité pour demeurer active doit être laissée insatisfaite. Lui, il cherche les caresses, n’importe lesquelles et va dans un coin, le ventre contre le mur, il se colle à tout. Près de lui il y a une fille qui gribouille dans un magazine. Il ne regarde que ses mains quand elle tourne les pages pour lui montrer ce qu’elle a fait. Elle lui raconte quelles sont les pages scannées, et celles qu’elle a rendu plus charnelles. Il l’aime bien parce qu’elle travaille souvent allongée et aussi ensemble des fois ils font du « cat spotting » et lisent les annonces amoureuses traduites par google. Elle lui explique qu’elle aime dessiner parce que c’est un moment replié qui s’étire. Pendant des mois sa main a tracé des tourbillons, des spirales, des gribouillages et des fausses écritures. Là, il lui arrache le livre des mains et déchiffre les phrases qui émergent avec une voix un peu bizarre et ça la fait rire. Avec son doigt il suit les lignes d’or tandis qu’elle frotte le papier pour étaler l’impression poudreuse. Après ça il joue avec la roulette du stylo bic, puis s’en sert pour caresser le poil fin des cochons d’Indes. On voit bien la trace du stylo et ça rend la surface nerveuse. Maintenant Softy en a marre et court aider Johnny qui fait pisser les poissons sur les mollets de Marie Antoinette. Elle pisse aussi et ça créer un espace démocratique. Ensemble, ils partent regarder les hommes, qui à trop vou- loir activer les fontaines de la cour du roi soleil se sont changés en prothèses. Alors Softy se pose sur Johnny pour admirer la performance des grandes eaux tout en chahutant d’une main distraite les lèvres molles qui ornent la gorge des poissons dorés. Après il coince ses jambes autours de sa cuisse et sautille, il sourit puis se fige le regard absent et oscille très doucement. Ses pieds se cambrent, ses orteils se croisent, cheville tordue. S.H

Jean-Alain Corre

 

Poisson ascendant poisson ( fontaine partition for marie antoinette en mollet majeur).

Or, acier, céramique, soie, jean, 1785, 2008, 2024

 

Poisson ascendant poisson (double inner hair dancing slave stories).

Or, hotte aspirante, porte bébé, tee-shirt, 2000, 2017, 2018

 

 

Anne Bourse

 

Apprécié courir autour de mes jambes et frottant le visage dans n’importe quoi.

Stylo, impression, gouache et huile sur papier, plexiglass

 

Copycat pillows, and one that I stole from beggars along the parisian ring road, with both pleasure and guilt.

Tissu, rembourage, huile, stylo et aluminium

 

Tour Eiffel/Stop Chapelle.

Tissu, encre, porte-clés en métal

 

Cave Mag.

Impression, feutre, huile et encre sur papier

 

Adorables Cochons d’Inde (an epileptic seizure in the Guinea Pig version of Brain, a journal of neurology).

Encre et impression sur papier

 

Adorables Cochons d’Inde (il y a un petit trésor sauvage dans le sol caché).

Impression sur papier

 

Crime et Châtiment by Dostoïevski, the last part, not the best part.

Impression, huile et stylo sur papier

 

5 times «Zoo, lettres qui ne parlent pas d’amour», by Victor Chlovski.

Impression sur papier